A Quincampoix, gros problèmes de son, tensions. De retour sur le site de l’école mercredi après midi c’est le 5ème jour de tournage. On tourne d’abord en salle de sérigraphie puis en salle de sculpture où plusieurs scènes sont tournées. Un miroir, deux miroirs, trois miroirs, beaucoup de miroirs sont posés ça et là dans la pièce. Nos reflets se croisent dans la glace, des espaces nouveaux apparaissent… Le songe reprend sa route après les épisodes de l’appartement. Lucie et Victor costumés en Athéniens discutent avec Eva la maquilleuse, plus loin Gilles remue dans son costume, Kader se marre. Eva M. et Jeanne font lever Lucie et la font tourner sur elle même. Tout le monde est en action, une énorme énergie traverse l’équipe. Des étudiants traversent le champ. Ça bouge, ça vit et ça swingue. Devant la scène, l’équipe technique filme et s’amuse. A la fin de la journée, Jean Paul semble content.
Le lendemain, jeudi matin, 6ème jour, scène dans les bureaux de la bibliothèque. Deux bibliothécaires sont mobilisés. Ils se déchaussent pour marcher dans les allées sans faire claquer leurs talons. A l’arrière, du côté des vitres, on arrête de taper sur le clavier, pour le son. Et on croit à un bureau de production.
À partir de 11h jusqu’à la fin de l’après midi, studio photo, scène d’une fête. Buffet installé, lumières rouges et vertes, ombres bleues. Long réglage. Très long réglage. Les acteurs dansent dans un périmètre délimité par les projecteurs. La musique est à chier. Mais à force, on arrive à s’bouger le bocal. Au bout de quelques heures, tout le monde a pris le rythme (yep ma gueul !) et là Jean Paul demande à Charles d’actionner la caméra sans prévenir personne. Jean Paul me chope par le bras et me guide rapidement vers Alix pour que je remplace Romain. Je discute avec elle comme si je lui parlais depuis 5 minutes. Puis, on voit encore Jean Paul, plié en deux, poussant des étudiants de photo-vidéo de passage dans le studio, pour leur faire traverser le champ, derrière les danseurs. Tout le monde rigole mais fait mine de ne pas l’avoir remarqué. La caméra filme sans glousser, sisi !
Cet épisode de la fête fiche la pêche à toute l’équipe.
Jean Paul nous montre sur le moniteur un plan. Tout le monde sourit, la scène est trop excellente.

Henri Foucault passe et discute avec Jean Paul et nous des problèmes notamment que l’équipe de son a rencontré depuis le début du tournage.
Le 7ème jour était un jour étrange.
Du samedi, je n’ai que quelques photos et quelques bribes de conversations au téléphone avec des membres de l’équipe « oui, on a fait les scènes dans les loges, Charles laisse un message sur le portable de Chloé qui le jette sans arrêt. Alix dort sur un praticable. Lucas s’approche. Charles s’amuse avec son costume. » Lundi, le songe d’une nuit d’été prendra sa place dans la rotonde. Avec les décors et les costumes.





















































Deuxième semaine
A travers la forêt, Titania et Obéron. Ils apparaissent, déambulent et disparaissent. Derrière les feuillages, l’armure du roi des elfes brille, Titania la tête penchée, le nargue du haut de son bustier de plâtre. Elle lui rit au nez. Du côté du plateau, Jeanne et Lucas ont leur histoire à gérer, l’équipe du film s’affaire. On change de plan.

Après midi, jeux entre Bottom/Charles et Titania/Alix. Derrière son masque, Charles parle à Alix sans la voir, sourire espiègle et oeil malicieux. La reine des fées tombe sous le charme. L’équipe technique sourit tendrement. On reprend une vingtaine de fois la prise. Les acteurs reprennent sans moufter, dans le calme. Une atmosphère merveilleuse nous enveloppe, on s’y sent bien et pourtant… un danger semble rôder. Là tout près. On n’en dira pas plus. On termine la journée par la dernière scène du film. L’air est à la fois excitant et mystérieux.

Ce mardi matin, Puck/Brigitte arrive portée par Gilles, Annabelle et Sophie qui la hissent sur le plateau. Plus loin, deux athéniens/Victor et Chloé, roupillent entre deux branches. Brigitte du haut de ses jambes, chavire dans le décor et s’approche des dormeurs. Deux autres athéniens/Jimme et Lucie passent. Léa pousse le chariot sur lequel se tient Charles, caméra en main. Sophie dirige la perche. A mes côtés, Clément saisit la caméra factice. Les deux films se rejoignent dans le même décor dans un mouvement décidé par le Songe. La caméra de Jeanne et Lucas arrête de tourner tandis que celle de Jean Paul et de son équipe continue, filme Romain qui discute avec Alix, puis s’éteint elle aussi. Sortant du monde des songes on reprend nos esprits. On part pour déjeuner.
L’après midi, lumière minérale. Autre plan : le réalisateur/Lucas tourne un échange entre Titania et Charles. Il la pousse à aller plus loin, toujours plus. Fumées. Alix continue de jouer jusqu’au bout. Jeanne observe tendue la scène, Kader et Betsy discutent, Margaux passe. Long travelling en un plan séquence. Gilles dans un coin du plateau observe la scène l’air stressé.
Mercredi matin, scène au square de l’Observatoire. Alix joue de la trompette avec des amis. Lucas vient lui parler. Victor, Léa et Sophie bloquent la circulation. Toute l’équipe technique se gèle les fesses. Ombline se meurt. Puis on profite du temps splendide pour terminer les extérieurs. Vient la scène des amoureux. On s’installe dans un cadre bucolique. Petit rayon de soleil. Pas besoin de réflecteur. Quelques prises. Le ciel s’assombrit. On se dirige vers l’école pour déjeuner.
Après midi, scènes dans l’atelier tissage. Une prof arrive et vient s’installer à côté d’une étudiante. Parle avec elle de son projet. Un cours normal. Le tournage s’est installé dans son atelier, elle poursuit son enseignement. Alix se met derrière une table à tisser. En arrière plan, bobines de laine. Lumière naturelle. Les machines se mettent en route dans un joyeux brouhaha. Alix aperçoit Lucas.


Jeudi dans la rotonde. Alix s’avance vers Lucas. Jean Paul s’adresse à lui : « T’y vas fort, hein ? » ; et à elle : « Crie plus fort ». Je suis derrière le moniteur avec l’équipe. A l’écran, le décor paraît défraîchi.
Le lendemain, scènes de Lucas et Hélène filmées au sous-sol, du côté des ordis.
Le soir, au dehors, la fanfare commence à accorder ses instruments. S’entraîne. Noooon pas de musique, pas maintenant. Il faut finir de tourner avant l’apéro fanfare. Vite. Une fois les plans tournés, toute l’équipe sort des souterrains, la mine pâle, le regard hagard. Prêts pour l’apéro.
Samedi, dernier jour de tournage. Il y a une espèce d’euphorie ambiante. On tourne les scènes rapidement et presque facilement. L’hosto est installé dans la salle des profs… Pour l’occasion, Victor s’est déguisé en malade. Il a accroché sa perf à un skate qu’il fait rouler à ses côtés (hors champs). Un rayon de soleil s’infiltre dans la salle. Le temps passe, la lumière tourne. Clément lance le chariot. Travelling avant.
Scène finale entre Romain et Alix dans les escaliers métalliques. FIN
Maintenant c’est au tour de Marie de monter le baby.